Jour 6

66°33′ de latitude Nord

Après une excellente nuit (Mmmm, un vrai lit!), une deuxième bonne surprise nous attends au restaurant de l’hôtel: un pantagruélique buffet de petit déjeuner! Nous nous en mettons plein la panse.
Au moment du règlement, pas de problème, la propriétaire s’est souvenu du tarif qu’elle nous avait proposé la veille 🙂
Pour le moment, c’est le meilleur rapport qualité prix du voyage.
Photos sur le site de l’hôtel: http://www.highland-hotell.com/highland-hotell/
Je pense que nous y retournerons sans hésiter si nous repassons un jour dans le coin.

Nous reprenons rapidement la route, pour atteindre une trentaine de kilomètres plus loin un des objectif majeur du voyage… Sur le côté de la route, un petit parking et un panneau indiquent le passage…

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Ça, c’est fait! Assurément un grand moment.
Un panneau explicatif dans plein de langues. En fait le cercle polaire est une délimitation « virtuelle », c’est l’endroit précis ou le soleil ne se couche pas le jour du Solstice d’été, donc le 21 Juin. Plus on monte au dessus du cercle, plus le soleil restera longtemps au dessus de l’horizon.
Mais vu que la terre oscille sur son axe, son emplacement varie. Ce panneau est donc là à titre indicatif, vu que sur une période de 18 ans, il avance ou recule de 570 mètres. ouf!

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Nous avons franchi le cercle Polaire sur la route 97, ou il n’y a rien de spécial, si ce n’est ce panneau. Nous refaisons une petite boucle de quelques kilomètres pour le repasser au niveau de la Route E45 (route + importante), ou il y a un centre touristique qui vends des souvenirs. C’est l’occasion d’acheter un superbe autocollant pour le Top Case afin de crâner au retour 🙂

Vue du petit parking

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Il y a une délimitation avec des pierres: à droite, au Nord du cercle. A gauche, au Sud.

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Un autre panneau, largement plus décoré

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Pour les geeks adeptes de géolocalisation, même le GPS est formel: 66°33′ de latitude Nord.

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Après cette petite pause, on se dirige vers Jokkmokk, première ville importante en Laponie.
A ce sujet, c’est assez compliqué. On considère qu’on est en Laponie une fois le cercle Polaire franchi, mais en fait non. C’est une région « virtuelle » qui englobe plusieurs pays et régions « officielles »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Laponie

Afin de mieux comprendre, direction le musée Sami de Jokkmokk

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Le drapeau au mur est celui du pays des Sami (la Laponie).

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Pour désigner les habitants du grand Nord, le terme « Lapons » est injustement utilisé. Le vrai nom est Sami, et leur pays est Sapmi. Ce sont les habitants originels du Grand Nord, nomades vivant de  l’élevage des Rennes.
C’est assez compliqué pour tout le monde, car leur territoire couvre en fait 4 pays (Norvège, suède, Finlande & Russie), ils partagent la même culture et la même langue, indépendamment des frontières officielles.
Après des années de lutte (pacifique) ils ont fini par obtenir un statut particulier et être reconnus par les gouvernements. Ils sont Suédois (ou Norvégiens ou Finlandais ou Russes) certes, mais revendiquent une culture, et une langue, qui leur est propre.

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Chaque région dispose de ses costumes traditionnels

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Et tout est extrêmement codifié

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En bas, la dame place son chapeau de deux manières différentes: pointe vers l’avant, il se dirige vers sa maison, pointe vers l’arrière, elle s’éloigne de sa maison…

Ils ne vivent plus à l’état de nomades et de (quasiment pas en fait), mais l’élevage de rennes est encore présent, même s’ils se sont modernisés. La motoneige par exemple facilite largement leurs déplacements l’hiver. Leur culture revient en force, mais certains de leurs territoires traditionnels ont été saccagés pour l’exploitation forestière, et surtout minière. Le sous-sol du Nord de la Suède regorge de fer.

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Le musée est assez intéressant et nous y avons facilement passé deux heures.
Si vous voulez en savoir davantage, Internet est votre ami http://fr.wikipedia.org/wiki/Samis

L’occasion d’un déjeuner léger. Pain Suédois et bacon de renne.

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Et gâteau à la crème et aux baies polaires (comme des mûres de chez nous, mais plus sucrées, et oranges)

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A compter de maintenant, nous sommes bel et bien sur le territoire des Samis, et les rennes seront omniprésents. On sait qu’ils sont là grâce aux panneaux routiers, et au fait qu’il y a des sacs accrochés aux arbres, signes que les Samis élèvent des rennes dans le coin. C’est donc le moment d’ouvrir l’œil et le bon, et de ralentir pour ne pas en percuter un et de rentrer à la maison en avion avec Europ Assistance (dans le meilleur des cas…)
Les camions de la région sont équipés en pare-buffles conséquents! (Mais vu qu’il n’y a pas de buffles dans le coin, doit-on parler de pare-élans ou pare-rennes?)

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Ça ne tarde pas, en voilà un qui se balade au bord de la route. A noter que notre présence ne lui fait ni chaud ni froid. Il nous regarde, et continue sa route. Il y en a des domestiqués, et des sauvages.

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Encore un autre. L’air de rien, c’est fatiguant de conduire sur le qui-vive, la main prête à bondir sur le levier de freins, avec le regard qui balaye en permanence les bas-côtés.

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La nature est presque intacte. Presque, car de nombreuses mines et autres barrages hydroélectriques parsèment le paysage.

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Et encore un renne…

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Celui ci est domestiqué, il a un collier

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Les paysages inspirent la solitude, c’est comme ça sur des centaines de kilomètres…

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Parfois on croise des convois amusants. Il y a énormément de gens qui font du ski de fond à roulettes… Probablement pour garder la forme en attendant l’hiver 🙂

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Nous ne l’avions pas encore ressenti vraiment jusqu’à présent, mais les moustiques deviennent omniprésents et particulièrement pénibles. Heureusement, les produits répulsifs vendus là bas dans le commerce sont particulièrement efficaces et nous n’aurons que peu à souffrir de piqures. Nous constaterons tout de même qu’en s’étant enduit le visage et les bras, on arrive à être piqués dans le dos…à travers les vêtements!
Par pur confort, nous renonçons donc à la toile de tente et trouvons une chambre dans un camping, mais qui offre la formule auberge de jeunesse. Un campement Sami a été reconstitué juste à côté.

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Nous sommes juste à côté de Malmberget, cité minière qui ne respire pas forcément la joie, et ou la vie doit être rude l’hiver…

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Originalité de la ville, ils sont en train de la déménager entièrement de plusieurs kilomètres (église & hôtel de ville compris), car le sous-sol est troué de partout, et la ville s’effondre dans une fosse de 250 mètres de profondeur… La ville en elle même ne présente aucun intérêt, si ce n’est un ancien village de chercheurs de minerai, qui fait penser aux villages de chercheurs d’or dans l’Ouest Américain.

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Il y a une énorme mine de fer, toujours en activité, et la ville appartient littéralement à la LKAB, la compagnie nationale minière Suédoise.

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La salle à manger de l’auberge de jeunesse, tout confort avec wifi gratuit

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Il y a juste une fresque murale qui est assez douteuse, elle représente un crash d’avion?!?!?!?

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Intrigué, j’ai regardé sur Google, cet avion existe bien (l’immatriculation est réelle, et la compagnie Skyways existe vraiment), mais il n’a jamais été accidenté. Cauchemar de l’artiste exprimé sur un mur? Nous ne saurons jamais…
Dans cette auberge, nous rencontrons un couple Anglo/Allemand de retraités fort sympathiques. A noter que les « auberges de jeunesse » en Scandinavie n’en ont que le nom, vu qu’on y rencontre des gens de tous âges, ainsi que des familles. Un jeune couple de backpackers (nom international générique des voyageurs « sac à dos ») parlait entre eux une langue que nous n’arrivions pas à définir . Voyant que je galère avec les plaques chauffantes de la cuisine, le gars me montre comment elles marchent, dans un Français impeccable…
Quelques minutes après, à table, la question traditionnelle qu’on a du demander (et qu’on nous a demandé) des centaines de fois:
Eux: « where are you from?
Nous: – France. And you?
Eux: – Luxemburg
Nous: Vous parlez Français alors!
Eux: Bin oui »

La conversation se poursuit alors en Français, jusqu’à ce que je pose la question sur la langue dans laquelle ils s’exprimaient. C’était du Luxembourgeois. Je demande « c’est un dialecte? », et le mec de répondre, l’air vexé « Non, c’est une langue ». Oups. Bon, à ma décharge, je ne savais même pas que ça existait.
On a du les vexer un peu, vu qu’après, ils continuaient à parler Luxembourgeois entre eux. Si ça se trouve, ils disaient du mal de nous 🙂 🙂 🙂

Météo
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Moral
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Le trajet du jour

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